COURSE AU SOMMET : LE GRAND PRIX BRITANNIQUE RÉVÈLE LA FORCE DE L’ASCENSEUR MONOPLACE DE LA FIA | Federation Internationale de l'Automobile
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COURSE AU SOMMET : LE GRAND PRIX BRITANNIQUE RÉVÈLE LA FORCE DE L’ASCENSEUR MONOPLACE DE LA FIA

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25.07.19

« Le chemin d’évolution FIA (Global Pathway) est complet, et nous avons maintenant une structure qui permet à un jeune pilote de grimper les échelons de la compétition suivant cette logique : courses nationales en F4, Formule Régionale, courses continentales en F3, Grands Prix en Europe, puis au niveau Intercontinental en Formule 2 en Europe et au Moyen-Orient » - Stefano Domenicali

Lors du dernier rassemblement à Silverstone le jeudi du week-end du Grand Prix de Grande-Bretagne, alors même que le champion du monde de Formule 1 FIA 2009 s’élance dans sa victorieuse Brawn GP sur le circuit de 5,8 km pour le plus grand plaisir des milliers de fans déjà présents, dans le garage McLaren, un autre espoir britannique prépare son premier grand prix à domicile en F1. 

 

Pour Lando Norris, le week-end à Silverstone est une étape de plus dans un voyage d'une décennie depuis sa première étape en karting jusqu'au sommet du sport automobile, et pendant la moitié de ce temps, Norris a gravi les échelons de la FIA vers le plus haut niveau de course internationale.

 

Norris entre dans l'histoire en 2013, devenant le plus jeune champion du monde de karting de la FIA. Dès son passage en monoplace, sa progression est fulgurante, avec une victoire dans le championnat britannique de Formule 4 de la FIA, une victoire écrasante en championnat d'Europe FIA F3 et une deuxième place dans sa nouvelle saison au championnat FIA Formule 2, récemment lancé. 

Pour Norris, l’ascension progressive au sein des séries de la FIA a été la préparation parfaite pour une première saison de Formule 1 extrêmement impressionnante dans laquelle il remporte 22 points. 

« Ils m'ont de mieux en mieux préparé », a-t-il déclaré au sujet de son premier GP britannique. « J’apprenais quelque-chose à chaque tour, même une chose infime, mais on apprend en permanence et ça aide beaucoup. »

« La plus forte progression est la puissance verticale raisonnablement élevée compte tenu de la taille et du poids de la voiture Formule 3. On a vraiment un super bon feeling dans Maggots, Becketts [à Silverstone], on peut vraiment repousser les limites et avoir un aperçu de ce qui nous attend. C'est un peu la même sensation qu’en F1, quand on ressent les G, quand on ressent la poussée verticale, c'est quelque chose que l’on peut déjà toucher du doigt en Formule 3 et un peu en Formule 2. Chaque échelon est pas vers le haut et ça aide vraiment. »

Même histoire pour l'une des étoiles montantes du sport automobile, Jüri Vips, qui a remporté la course de Formule 3 de la FIA à Silverstone ce week-end et dont la carrière l'a vu passer d'un titre ADAC F4 en 2016, à une quatrième place du championnat d'Europe de Formule 3 FIA l'an dernier, puis à la troisième place du classement F3 après quatre manches.

« La F3 fonctionne très différemment de ce à quoi j'étais habitué dans ma carrière et je suis de plus en plus à l'aise avec le format, la voiture, les pneus, etc. Tout se passe beaucoup mieux qu'au début de l'année avec quelques améliorations de mon côté, sur ma façon de travailler ou la façon dont je fais monter les pneus à température, ce sont de petits réglages. »

« En général, le pilotage est assez similaire, il faut juste s'adapter au surplus de puissance et d'aérodynamisme. Mais la F3 européenne est très simple par rapport à ce que nous pilotons cette année. Le pas entre la F3 de l'an dernier et la F3 de cette année est assez important. »

Vips n'est pas le seul pilote du parcours FIA à figurer sur les podiums du Grand Prix britannique, Marcus Armstrong, Robert Shwartzman, Liam Lawson et Leonardo Pulcini ayant eu diverses expériences en Formule 4, F3 et Formule Régionale avant leur arrivée en F3. 

L'échelle monoplace de la FIA a été considérablement élargie et affinée depuis le lancement du Championnat d'Europe FIA F3 en 2012. En 2014, la Formule 4 nationale certifiée par la FIA a été lancée et s'est développée au cours des cinq dernières années pour accueillir des championnats dans 12 pays à travers le monde. La Formule 2 a été lancée en 2017, et en 2018, elle comprend une toute nouvelle voiture dotée d'un châssis Dallara et d'un moteur V6 Mecachrome turbo conçu pour mieux préparer les pilotes à la F1. Pour la première fois, le Halo, protection contre les chocs frontaux développé en Formule 1, a également été introduit dans le monde de la compétition junior. 

Le processus de restructuration de la Formule 3 a démarré l’an dernier. Avec une nouvelle F3 lancée en 2019 en parallèle à la Formule 2 lors des week-ends de grands prix, la FIA a créé la série Formule Régionale pour combler le fossé entre la Formule 4 d'entrée de gamme et les exigences techniques beaucoup plus importantes et la puissance accrue de la Formule 3. 

« En développant la Formule 3, il nous est apparu clairement que le passage de la F4 à la F3 serait très difficile pour les pilotes : En F4, il y a un rapport poids/puissance de 3,5 et en F3, il est d'environ 2,0, il était donc nécessaire de créer une phase intermédiaire. La Formule Régionale, qui a un rapport poids/puissance de 2,7, a été développée pour créer un pont », explique Stefano Domenicali, Président de la Commission monoplace de la FIA. 

« En Formule 4, nous cherchons à faire entrer les pilotes dans l'écosystème monoplace de la FIA dans le respect des normes de sécurité, sportives et techniques de la FIA », ajoute-t-il. « L’évolution est basée sur l'éducation, en donnant aux pilotes les outils de base dont ils auront besoin lorsqu'ils deviendront pilotes de course professionnels. Il s'agit de fournir les éléments de base de compréhension d'une monoplace. »

« La Formule Régionale est une expérience supplémentaire qui introduit  l’aérodynamique et un style de conduite propre avec une augmentation de puissance de 160 ch en F4 à 270 ch. »

La Formule Régionale, qui utilise un châssis Taatus et un moteur Alfa Romeo 1742cc Autotecnica, a été lancé en 2018 avec des championnats en Asie et aux Etats-Unis, qui depuis, ont tous deux connu une forte croissance. 

« Le championnat d'Asie a pris de l’importance », confirme Domenicali. « Il y a régulièrement 17 voitures sur la grille de départ et tout fonctionne comme nous l'avions prévu, avec des pilotes qui parviennent à passer en F3. Raoul Hyman, le champion 2018, court en Formule 3 cette année et avec des pilotes comme Jack Doohan, et cette tendance devrait se poursuivre en 2019. »

« Les séries américaines ont connu une première saison un peu plus difficile, mais dans cette deuxième saison, la série a presque doublé l’importance de sa grille. Compte tenu de l'excellent état de santé du championnat américain de F4, qui compte toujours 25 voitures sur la grille, c'est exactement ce que nous voulions offrir : un parcours cohérent, simplifié, compétitif et rentable sur lequel ils peuvent progresser dans leur région. »

Dans un environnement de sport automobile européen plus densément peuplé, la mise en place de la Formule Régionale a été un processus plus complexe, mais le Championnat d'Europe lancé cette année et après quatre manches a attiré un peloton de 14 pilotes pour huit équipes. 

« Quatorze voitures sur la grille de départ du Championnat d'Europe régional de Formule 1 de la FIA, ce n’est qu’une première étape", explique Domenicali. « Le paysage du sport automobile européen est incroyablement varié et c'est un marché extrêmement compétitif. Nous comprenons qu'il faut du temps pour qu'une série s'établisse et offre une bonne progression pour les pilotes qui doivent dépenser leur budget judicieusement. » 

« A titre d'exemple, je dirais qu'il a fallu plus de quatre ans pour faire de la Formule 4 la catégorie d'entrée de l’échelle FIA. Aujourd'hui, nous avons 12 championnats nationaux, dont la majorité se porte très bien. Les championnats d'Italie et d'Allemagne sont toujours très conséquents, en dehors de l'Europe, les séries du Japon et, comme je l'ai déjà mentionné, des Etats-Unis, tiennent également la route. »

« J'espère qu'il en sera de même pour la Formule régionale. Cela prendra du temps, mais le Championnat devrait devenir le point de référence pour les pilotes qui visent l’étape au-dessus de la F4. Avec 270 ch, la puissance est d’exactement la moitié de la combinaison des 160 ch de la F4 et des 380 ch de la Formule 3, le poids de la voiture les rapproche de la maniabilité qu'ils auront en F3 et F2 et pour la première fois ils sont exposés à l'aérodynamique. C'est une progression très naturelle. »

Pour le Président de la Commission monoplace de la FIA, la prochaine étape est de consolider la position du championnat en tant que pont entre les courses régionales et les compétitions continentales en F3. 

« Ce que nous voulons maintenant, c'est que tous les acteurs du sport automobile européen - la FIA, les promoteurs, les pilotes et les équipes - travaillent ensemble pour faire de la Formule Régionale en Europe la nouvelle norme pour cette catégorie », dit-il. « Si nous y parvenons, nous aurons des grilles plus fournies, une concurrence plus intense et l’émergence de nombreux nouveaux talents. »

Plus haut dans l'échelle, la Formule 3 fraîchement lancée, est rapidement devenue un championnat extrêmement compétitif et passionnant qui pousse les pilotes à dépasser leurs limites, comme le Néo-Zélandais Marcus Armstrong, actuellement quatrième au classement, l’explique : « Les pneus fonctionnent comme s'ils avaient une mémoire - chaque choc est ressenti lors des tours suivants. Pour moi, ce n'est pas un problème, car j'ai toujours été très précautionneux avec les pneus et, en fait, j'aime bien la technicité de ce défi. »

Le défi technique de la F3 ne se limite pas aux pneus Pirelli qui donnent aux compétiteurs un aperçu de la gomme vers laquelle ils évolueront en F2 et F1. Avec 380 ch au volant d'un moteur Mecachrome de 3,4 litres, la F3 au châssis Dallara n'améliore pas seulement la puissance dont disposent les pilotes, elle affine également leurs compétences en matière de réglages et les expose pour la première fois au DRS alors qu'ils se préparent à franchir l'avant-dernier échelon de l'échelle F2, où leurs compétences sont affinées par un recours accru à la gestion des pneumatiques.

Dans l'ensemble, le Global Pathway est une progression qui, selon les promoteurs de la Formule 1, permet d’accéder plus facilement à l'échelon supérieur et d'amener les pilotes à un niveau de performance nécessaire pour assumer le niveau élevé de compétition et de divertissement en F3 et F2.

« Pour nous, le fait de recevoir les championnats de F2 et de F3 dans le cadre de nos événements est un grand atout », déclare Ross Brawn, directeur général de la Formule 1. « Ce sont des séries qui offrent un sacré spectacle, les courses sont toujours très excitantes, très disputées et les pilotes y sont très combattifs. C’est un véritable plus à offrir aux spectateurs qui assistent à un Grand Prix. C'est aussi une bonne chose du point de vue de la course, car nous pensons que c'est un moyen utile pour les jeunes pilotes de progresser que de les faire courir sur le même circuit qu'un Grand Prix, ils sont vraiment mis sous les feux de la rampe. »

« Pour certains d'entre eux, qui font partie des programmes de jeunes pilotes des écuries de Formule 1, c'est l'occasion de passer du temps avec les grandes stars et les ingénieurs, ils peuvent en apprendre beaucoup, et appliquer directement ce qu’ils ont appris », ajoute-t-il. « C'est également une bonne chose pour les fans de pouvoir suivre la carrière de ces jeunes gens dès leurs débuts. C'est pourquoi nous essayons d'impliquer ces pilotes dans de nombreuses activités qui les rapprochent des fans, telles que les séances d'autographes, les forums et la parade des pilotes. »

Le Global Pathway de la FIA devrait offrir encore plus d'opportunités en 2019, avec l'annonce de l’entrée de la Formule 4 en tant que catégorie des premiers FIA Motorsport Games à Rome, du 31 octobre au 3 novembre et l'annonce récente que les voitures F3 actuelles participeront à la Coupe du Monde FIA du 14 au 17 novembre à Macao. 

« La Formule 4 aux FIA Motorsport Games représente une opportunité pour les pilotes du monde entier de rivaliser avec leurs pairs issus d'autres championnats nationaux ; c'est l'occasion de briller sur ce qui sera probablement la plus grande étape F4 de l'année, » dit Domenicali. 

« De même, la Coupe du Monde F3 est une épreuve extrêmement prestigieuse, avec une grande histoire derrière elle, et il est donc normal qu'elle soit disputée dans les voitures de Formule 3 actuelles, » ajoute-t-il. « Nous sommes conscients des inquiétudes concernant la puissance des voitures, mais nous sommes confiants qu'avec les caractéristiques de sécurité plus avancées de cette dernière génération de voitures F3 et les changements apportés au circuit de Guia, nous aurons une course passionnante et spectaculaire mettant en vedette certaines des étoiles montantes les plus brillantes du sport automobile mondial. »

L'élargissement des catégories pour mieux faire connaître les talents émergents est un autre exemple de l'approche globale adoptée par la FIA pour ses catégories de monoplaces juniors. 

« Le Global Pathway est complet, et nous avons maintenant une structure qui permet à un jeune pilote de grimper les échelons de la compétition suivant cette logique : courses nationales en F4, Formule Régionale, courses continentales en F3, Grands Prix en Europe, puis au niveau Intercontinental en Formule 2 en Europe et au Moyen-Orient" - Stefano Domenicali

« Bien sûr, il y a encore du travail à faire pour assurer la pérennité de chacun de ces championnats, pour contrôler les coûts, pour maintenir le niveau de compétition et pour assurer l'équité et la sécurité, mais en suivant le schéma d’évolution, un jeune conducteur apprendra tout ce qui est nécessaire pour atteindre le plus haut niveau du sport automobile. »